TendancesActu
L'équipe 3 rédacteursNos guides Actu

Mobilisation des lycéens : Greta Thunberg à Saint-Denis pour l’acte V du mouvement

Ce mardi 13 octobre, les lycéens ont tenu le cinquième acte de leur mobilisation pour les moyens de l’école publique, avec un soutien inattendu : celui de Greta Thunberg, venue à Saint-Denis devant le lycée Paul-Éluard.

En bref
  • Acte V de la mobilisation lycéenne le 13 octobre, avec des blocages à Paris, Lyon, Marseille, Rennes, Montpellier ou Bayonne.
  • Environ 200 lycées fermés selon le ministère, qui parle d’une « décrue ».
  • Les organisations réclament un plan d’urgence de 10 milliards d’euros et la fin de Parcoursup.
  • Le gouvernement mise sur les vacances de la Toussaint pour voir le mouvement s’essouffler.

Que s’est-il passé ce 13 octobre ? #

Dès avant l’aube, plusieurs lycées et universités parisiens ont été bloqués, rapportent Brut et l’AFP. Une manifestation devait partir à 14 heures de la place d’Italie en direction des Invalides, à proximité de Matignon et du ministère de l’Éducation nationale.

À lire Dépolitisation : pourquoi les citoyens tournent-ils le dos à la politique ?

En région, le mouvement a pris des formes comparables. Selon Euronews, sept établissements étaient perturbés dans le Rhône d’après la préfecture, le lycée Saint-Charles de Marseille était bloqué depuis 6 h 45 et des élèves se relayaient devant le lycée Jean-Macé à Rennes.

À Bayonne, une dizaine de fourgons de CRS ont été déployés près du lycée Louis-de-Foix avant 8 heures, un dispositif jugé intimidant par des élèves interrogés par l’AFP.

Pourquoi Greta Thunberg s’est-elle invitée dans le mouvement ? #

La militante écologiste suédoise s’est rendue le matin devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, présenté comme l’un des épicentres de la contestation. Devant plus d’une centaine de jeunes, elle a lancé : « On nous vole notre avenir », ajoutant que « les écoles ne reçoivent pas les investissements dont elles ont besoin ».

Elle s’est dite « extrêmement fière des étudiants français » et a assuré que les jeunes n’allaient pas abandonner. Sur place, une vingtaine d’avocats avaient formé une « chaîne en robe » pour protéger les lycéens d’éventuelles violences policières, selon l’AFP.

À lire Orages en France : archive du bulletin du 4 septembre 2024

Sa présence donne une visibilité internationale à un mouvement jusqu’ici très français, centré sur des questions de budget et d’organisation scolaire plus que de climat.

Que réclament les lycéens ? #

Le cœur des revendications tient en quelques mots : manque de professeurs, classes surchargées, bâtiments dégradés et emplois du temps jugés trop lourds. L’Union syndicale lycéenne demande la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.

Les organisations lycéennes et étudiantes demandent par ailleurs, depuis plusieurs jours, à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu. À ce stade, aucune rencontre n’a été annoncée.

Comment le gouvernement répond-il ? #

Sur France Inter, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a évoqué environ 200 lycées fermés ce mardi, y voyant une « décrue par rapport aux semaines précédentes ». Emmanuel Macron avait, de son côté, appelé au calme avant la journée.

À lire Les équipements et produits pour mieux dormir la nuit

Le ministre a mis en avant le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les établissements les plus en difficulté et une hausse d’un milliard d’euros du budget de son ministère, rapporte Euronews. Les organisations jugent ces annonces insuffisantes et promettent de tenir « le temps qu’il faudra ».

La Toussaint peut-elle éteindre la contestation ? #

C’est le pari de l’exécutif : les vacances de la Toussaint commencent en fin de semaine, et une pause de deux semaines casse souvent la dynamique des blocages, qui reposent sur la présence physique dans les établissements.

Les lycéens ont toutefois un autre rendez-vous en tête. Certains espèrent que la journée de mobilisation contre la vie chère prévue le 17 octobre donnera un second souffle au mouvement, en l’inscrivant dans une contestation sociale plus large.

Reste une inconnue : la capacité des organisations à maintenir l’élan après la rentrée de novembre, quand les conseils de classe et les échéances d’orientation reprendront le dessus dans le quotidien des élèves.

À lire Le guide des experts santé qui prennent soin de vos dents

Ce qu’il faut retenir pour les familles #

Pour les parents, la situation varie d’un établissement à l’autre. En cas de blocage, l’établissement informe en général les familles par l’espace numérique de travail ; c’est la source à consulter en priorité avant de se déplacer.

Les élèves restent soumis à l’obligation d’assiduité : une absence liée à une manifestation doit être justifiée auprès de la vie scolaire, comme toute autre absence.

Questions fréquentes #

Combien de lycées étaient bloqués le 13 octobre ?

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a évoqué environ 200 lycées fermés ce mardi, en parlant d’une « décrue » par rapport aux semaines précédentes.

Que demandent les organisations lycéennes ?

L’Union syndicale lycéenne réclame la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées. Les organisations demandent aussi à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

À lire Les top des boutiques zéro déchet

Le mouvement va-t-il continuer après la Toussaint ?

Rien n’est acquis. Le gouvernement espère un essoufflement pendant les vacances, tandis que certains lycéens comptent sur la mobilisation contre la vie chère du 17 octobre pour relancer le mouvement.

Guedjo - Le blog sur l'actualité française est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Actu