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Après les violences du 17 octobre, les maires rassemblent les habitants devant les mairies

Lundi 19 octobre, à midi, des élus et des habitants se sont retrouvés devant les mairies de nombreuses communes. L’appel venait de l’Association des maires de France (AMF), au lendemain d’un week-end marqué par des incendies de bâtiments publics et des pillages de commerces, en marge de la journée de mobilisation du samedi 17 octobre. Un geste symbolique, mais qui en dit long sur l’inquiétude des élus locaux à six mois de l’élection présidentielle.

Un week-end de violences en marge des manifestations #

Le bilan national publié dimanche est lourd. Selon les chiffres relayés par CNews, 2 397 personnes ont été interpellées à la suite de la mobilisation du 17 octobre, et 997 policiers et gendarmes ont été blessés, dont 7 grièvement.

À Paris, la procureure Laure Beccuau faisait état, lors d’un point de situation dimanche en fin d’après-midi, de 855 interpellations après les manifestations du samedi, dont 557 gardes à vue, des données encore provisoires selon Citoyens.com. Le parquet de Bobigny a de son côté mobilisé sept magistrats le dimanche pour traiter plus de 200 gardes à vue, dont près d’une centaine liées aux événements du 17.

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L’AMF parle d’un « vrai risque pour toute la Nation » #

Dans un communiqué daté du dimanche 18 octobre, l’Association des maires de France a appelé maires, conseils municipaux, habitants, associations et « forces vives locales » à se rassembler devant les mairies le lundi, à partir de midi, ou plus tard dans la journée selon les possibilités de chaque commune. Le texte est rapporté notamment par TV Sud Magazine, qui relaie l’appel auprès des communes du Gard.

L’association insiste sur un point : « Ce ne sont pas seulement les institutions publiques qui sont attaquées », mais aussi les libertés publiques. Elle prend soin de distinguer les manifestations elles-mêmes, qui selon elle respectaient l’ordre public, des violences commises en marge. L’AMF a exprimé sa solidarité avec plusieurs villes touchées, dont Limoges, Marseille, Lille, Bordeaux, Calais et Grenoble.

La mairie, symbole visé

Pourquoi les mairies ? Parce qu’elles restent, pour beaucoup de Français, le premier visage de la République : c’est là qu’on se marie, qu’on déclare une naissance, qu’on vote. S’en prendre à un hôtel de ville, c’est s’attaquer à un lieu commun à tous les habitants, quelle que soit leur opinion. C’est ce que résume Mohamed Gnabaly, maire écologiste de L’Île-Saint-Denis et président de l’AMF de Seine-Saint-Denis : « Une mairie n’est pas seulement un bâtiment. »

En Seine-Saint-Denis, des maires de tous bords #

Le département a été particulièrement observé. Selon Citoyens.com, neuf communes sur les trente-neuf du département ont relayé l’appel. À midi, des rassemblements étaient annoncés à Aulnay-sous-Bois, Bondy, Le Bourget, Épinay-sur-Seine, Gournay-sur-Marne, Le Raincy et Tremblay-en-France. L’Île-Saint-Denis avait donné rendez-vous à 13h devant l’hôtel de ville, Saint-Ouen à 18h.

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Ce qui frappe, c’est la diversité politique des élus mobilisés. Hervé Chevreau, maire divers droite d’Épinay-sur-Seine, a lancé : « La violence et la destruction, jamais. » Virginie de Carvalho, maire divers gauche de Tremblay-en-France, a condamné les violences en mettant en garde contre leur effet politique, au profit de l’extrême droite.

Ce qui s’est passé localement

Les faits rapportés dans le département donnent une idée de l’ampleur des désordres. Samedi soir, à Bondy, « quelques commerces bondynois et véhicules ont été pris pour cible ». Selon le préfet de la Seine-Saint-Denis, 62 personnes ont été interpellées alors qu’elles cherchaient à s’en prendre à des commerces à Sevran, Aulnay-sous-Bois ou Stains. Dimanche soir, des dégradations ont été signalées à Rosny-sous-Bois, autour du centre commercial Rosny 2, et des heurts ont opposé des jeunes aux forces de l’ordre à Saint-Denis, où plusieurs élus ont été bousculés.

Un climat qui pèse sur la suite #

Ces événements interviennent dans un contexte déjà tendu. Lundi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a dû confirmer, lors d’un point presse aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu, le maintien des matchs de Ligue des champions prévus en France cette semaine, dont PSG-Barcelone et Lille-Galatasaray, malgré « le climat social pesant et les épisodes de violences du week-end », comme l’a rapporté Maxifoot.

Pour les maires, l’enjeu dépasse la condamnation. Ce sont eux qui gèrent l’après : réparer les bâtiments, rassurer les commerçants, maintenir les services publics ouverts. Le rassemblement de lundi visait aussi à rappeler que la commune reste l’échelon de proximité vers lequel les habitants se tournent en premier quand les choses dérapent.

Reste à savoir si ce geste collectif suffira à apaiser le climat. Les prochaines semaines diront si la mobilisation sociale se poursuit sous d’autres formes, et si les violences du 17 octobre resteront un épisode isolé ou le signe d’une tension plus durable dans le pays.

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