La France, pionnière de l’innovation en science ouverte

Le paysage scientifique connait une transformation profonde guidée par l’émergence de la science ouverte. En France, cette dynamique est particulièrement marquée, avec des initiatives qui renforcent l’accès libre et la transparence des données de recherche. La France se positionne comme un leader dans cette révolution scientifique, illustrant une volonté de partager le savoir de manière collaborative et indépendante. Ce mouvement vise à transformer non seulement la façon dont la recherche est conduite, mais également la manière dont elle est évaluée et diffusée. Le CNRS, l’Inserm, l’INRIA et d’autres grands instituts jouent un rôle clé dans cette évolution. La mise en avant du Plan National pour la Science Ouverte 2021-2024 traduit cette ambition, visant à ouvrir encore davantage la recherche à toutes et à tous.

Le Plan National pour la Science Ouverte : Vers une accessibilité améliorée des données de recherche #

Le Plan National pour la Science Ouverte, en vigueur jusqu’en 2024, représente un tournant crucial dans l’approche française de transmission et d’accès à la recherche. Ce plan inclut un ensemble de mesures destinées à généraliser l’accès ouvert aux publications scientifiques et à favoriser le partage des données de recherche. Cela témoigne d’une volonté de répondre aux exigences d’une science de plus en plus collaborative et interdisciplinaire. Les objectifs principaux de ce plan comprennent progressivement :

  • Accès ouvert aux publications : augmenter le pourcentage de publications en libre accès, intégrant des mécanismes pour soutenir les chercheurs.
  • Partage des données : garantir que tous les data sets générés lors de travaux de recherche soient accessibles pour d’autres chercheurs et acteurs intéressés.
  • Codes sources ouverts : promouvoir le partage des codes et logiciels développés dans le cadre des recherches, afin d’encourager la transparence et la réutilisabilité.
  • Évaluation de la recherche : revoir les modalités d’évaluation des chercheurs pour privilégier des mérites diversifiés au-delà de simples indicateurs bibliométriques.

La mise en œuvre de ce plan repose sur la collaboration entre différents acteurs, tels que le CNRS, l’INRIA, et l’Inserm. Chaque institution contribue à cette dynamique par des projets spécifiques, comme le développement de plateformes de gestion des données ou l’organisation de formations pour sensibiliser les chercheurs à ces nouveaux enjeux. Ce cadre met également en avant l’importance d’infrastructures adaptées au stockage et à l’analyse des données à grande échelle, assurant une compatibilité avec les standards internationaux.

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Objectif Actions prévues Acteurs impliqués
Accès ouvert aux publications Financement de revues en libre accès, sensibilisation des chercheurs CNRS, Universités, Éditeurs
Partage des données Mise en place de référentiels de données, guides pour le partage INRIA, Inserm, Université Paris-Saclay
Codes sources ouverts Développement de licences ouvertes, formation pour les chercheurs Institut Pasteur, CEA
Évaluation de la recherche Collaboration internationale pour repenser l’évaluation CNRS, CoARA, Collèges universitaires

Le rôle clé du CNRS et de ses partenaires dans l’innovation ouverte #

Le CNRS se distingue comme un acteur central dans la promotion de la science ouverte en France. En 2024, lors de la sixième journée de la science ouverte, le CNRS a exposé les avancées remarquables obtenues dans divers domaines de recherche. Le CNRS, par ses initiatives, propose des infrastructures et des services permettant aux chercheurs de partager et d’accéder à des données plus facilement. Parmi ses projets phares, des centres de calcul de grande envergure ont été mis en place, tels que le Centre de Calcul de l’IN2P3 et celui de l’Institut de développement et des ressources en informatique scientifique.

Ces infrastructures offrent des capacités impressionnantes en matière de calcul intensif et de stockage de données. L’un de leurs objectifs est de répondre à l’explosion des données de recherche, tout en veillant à ce que ces projets respectent une empreinte carbone minimale. Cela fait écho à la nécessité d’une recherche durable, attachée à des valeurs environnementales. Ces derniers incluent :

  • Jean-Zay : un supercalculateur dédié à l’intelligence artificielle, capable de traiter d’énormes volumes de données en un temps record.
  • Infrastructure Data Terra : accès et traitement des données multi-sources pour mieux observer et comprendre le système Terre.
  • France Grilles : un ensemble d’infrastructures permettant le traitement des données scientifiques à un niveau national.
  • FITS : un projet collaboratif visant à fédérer les savoir-faire et optimisations des différents centres pour une meilleure efficacité opérationnelle.

Les collaborations entre le CNRS et d’autres établissements importants, tels que l’Institut Pasteur et le CEA, illustrent cette volonté d’action concertée devant des défis scientifiques cruciaux. Cette synergie d’initiatives crée un environnement propice à l’émergence de solutions innovantes et à la réalisation d’un progrès scientifique durable.

Évaluation de la recherche : un nouveau paradigme en émergence #

La transformation des méthodes d’évaluation des scientifiques est également un aspect clé de la science ouverte. Traditionnellement fondée sur des indicateurs bibliométriques, cette évaluation suscite aujourd’hui un besoin d’adaptation pour prendre en compte la diversité des contributions à la recherche. En France, le CNRS a initié des réformes visant à remodeler ce processus. Au lieu de se concentrer uniquement sur des revues prestigieuses, l’évaluation recherche maintenant à reconnaître la diversité des résultats et des impacts des chercheurs dans leurs domaines respectifs.

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Les quatre grands principes qui guident cette refonte incluent :

  1. Valorisation des résultats diversifiés : inclure des critères au-delà de la publication, comme l’impact sociétal.
  2. Contribution à la communauté scientifique : prendre en compte le travail collaboratif et les efforts de mutualisation des ressources.
  3. Transparence accrue : établir des lignes directrices claires et ouvertes pour l’évaluation.
  4. Évaluation internationale : participer aux initiatives internationales visant à harmoniser les pratiques d’évaluation.

Pour soutenir ces changements, le CNRS travaille aussi au sein de la Coalition on Advancing Research Assessment (CoARA). Cette coalition de chercheurs et d’entités académiques se consacre à la redéfinition des standards d’évaluation de la recherche. En impliquant des établissements internationaux, elle vise à créer un consensus sur les bonnes pratiques en matière d’évaluation et à se libérer des critères obsolètes.

Principe Description Exemple d’application
Valorisation des résultats diversifiés Reconnaître l’impact sociétal et environnemental des recherches Publications influentes ayant un impact direct sur les politiques publiques
Contribution à la communauté scientifique Inclure les efforts collaboratifs dans l’évaluation des performances Projets de recherche interdisciplinaire soutenus par plusieurs institutions
Transparence accrue Établir des critères clairs pour toutes les étapes d’évaluation Guides de bonnes pratiques publiés
Évaluation internationale Collaborer avec des initiatives mondiales Participation à la CoARA et à ses groupes de travail

Les bases bibliométriques ouvertes et leur impact sur la science ouverte #

Le passage vers des bases de données bibliométriques ouvertes constitue également un enjeu majeur dans le domaine de la science ouverte. Après des années de dépendance vis-à-vis de bases de données payantes, le CNRS a pris des mesures pour basculer vers des systèmes totalement ouverts. L’abolition de l’abonnement à Scopus en 2024 illustre cette volonté de transition vers des alternatives innovantes et non commerciales, telles que OpenAlex et Matilda. Ces plateformes fournissent non seulement les métadonnées des publications, mais également leur texte intégral, permettant une recherche plus approfondie et une meilleure visibilité des travaux de recherche.

Cette transformation apporte plusieurs avantages significatifs :

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  • Accroissement de l’accès aux publications : les chercheurs bénéficieront d’une plus grande visibilité, ce qui favorisera une circulation plus large des idées.
  • Réduction des coûts : en éliminant les frais d’abonnement, les institutions économiseront des ressources financières, redirigeant celles-ci vers la recherche.
  • Équité : les petites institutions auront un accès équitable aux publications, leur permettant de tirer pleinement parti des avancées scientifiques.
  • Innovation collaborative : les données ouvertes permettent des collaborations interdisciplinaire enrichies et efficaces.

Le soutien à ces initiatives, couplé à une formation adéquate sur leur utilisation, contribuera à améliorer la qualité et l’impact scientifique des travaux réalisés en France. Ainsi, des bases comme OpenAlex offrent une perspective nouvelle pour les chercheurs souhaitant maximiser leur portée dans des réseaux mondiaux.

Base de données Type Caractéristiques
Scopus Payante Données limitées par abonnement
Web of Science Payante Revues prestigieuses, mais coût élevé
OpenAlex Ouverte et non lucrative Données complètes et libre accès
Matilda Ouverte et non lucrative Recherche facilitée sur le texte intégral

Des collaborations internationales renforcées à travers l’EOSC #

La France ne se limite pas à ses frontières dans l’initiation de la science ouverte ; elle s’engage aussi dans des collaborations multinationales, notamment à travers l’European Open Science Cloud (EOSC). Ce projet ambitieux vise à créer un environnement numérique unique permettant aux chercheurs de diverse disciplines d’accéder à un large éventail de services et de données ouverts. Le programme, lancé en 2016 par la Commission européenne, connaît un développement constant et vise à rassembler encore plus de chercheurs autour d’une plateforme commune.

Le CNRS, en particulier, joue un rôle actif au sein de l’EOSC, en souhaitant coordonner plusieurs nœuds de cette fédération. Parmi ces nœuds, les projets Data Terra pour l’observation de la Terre et Escape pour l’astronomie et la physique font partie des initiatives innovantes fournies. Le défi consiste à harmoniser les ressources disponibles tout en préservant les spécificités de chaque domaine, ce qui est essentiel pour une science véritablement interdisciplinaire.

  • Interconnexion des infrastructures : créer une intégration plus fluide entre différents systèmes de gestion de données.
  • Partage des meilleures pratiques : établir des canaux de communication pour le partage des retours d’expérience.
  • Opérations cohesives : garantir une gouvernance uniforme et efficace des services offerts.
  • Fonds de soutien : assurer que tous les acteurs aient accès aux ressources nécessaires pour améliorer leurs capacités de recherche.

Cette approche collaborative met en évidence l’importance des échanges internationaux, des travaux communs et des innovations partagées. En réunissant les forces et les expertises, la France démontre sa volonté d’être un acteur incontournable de la science ouverte au sein du paysage européen et international.

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Nœud EOSC Disciplines Objectifs
Data Terra Système Terre Accès à des données géospatiales
Escape Astronomie et physique des particules Partage de ressources et données d’observation
HAL+ Archives ouvertes Faciliter l’accès et la gestion des publications
Mathieu Chastel

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